Une réalisation de Jacques Rhéaume Accueil Conseils Installations Auteur
Conférencier   Qui est le conférencier ? C'est lui, c'est moi On a rappelé dernièrement le cinquantième anniversaire de l'annonce du Concile Vatican II par le pape Jean XXIII en 1959. L'article disait qu'on ignorait de quoi il s'agissait et qu'on n'en entendait pas beaucoup parler mais, d'après mon souvenir, il y avait des exceptions, des évêques bavards. C'était en décembre 1962, à la fin de la première session du Concile. Une bobine de ruban sonore arrive de Rome à Québec et elle contient une conférence. Très vite, on essaie de l'écouter en groupe mais c'était peine perdue, l'enregistrement était si mauvais que personne n'y comprenait rien. C'est alors qu'on me confia la bobine afin que je tente d'en améliorer l'intelligibilité. J'ai essayé de filtrer tout ce qui se trouve en dehors de la bande passante de la voix humaine mais j'ai été sans ressource pour atténuer la longue réverbération. J'ai pourtant réussi à décoder et noter le verbatim de la conférence qui avait été enregistrée dans une classe. En même temps, j'ai appris les intonations du conférencier et je m'aperçus que je pouvais facilement l'imiter. Fidèle à la tâche confiée. je me suis donc installé dans une classe avec une vieille enregistreuse Webcor et un micro placé à plus d'un mètre. Et j'ai réenregistré la conférence. Le résultat était plus que probant, c'était à s'y méprendre avec la voix de l'orateur. J'ai donc présenté cette bobine comme le résultat de mon travail. On s'est réuni à nouveau pour m'écouter et la bobine fut même envoyée à Ottawa pour que d'autres étudiants puissent entendre quelle était cette « nouvelle Pentecôte ». Interprétation: Que faut-il préférer? Le vrai conférencier qui a enregistré des paroles qu'on ne comprend pas ou le faux conférencier qui a permis d'entendre la vraie conférence? Dans ce cas, le message était identique et on aurait pu confronter le véritable auteur avec les paroles entendues. Ni le conférencier, ni les auditeurs ne pouvaient douter de l'authenticité du message. Pourtant le technicien-comédien aurait pu trafiquer le message, le tronquer, l'allonger, mettre des emphases. C'est probablement ce qui arrive très souvent de nos jours quand les messages sont « médiatisés » de toutes manières. J'atteste donc que je suis le véritable faux conférencier.

Un professeur veut toujours continuer à enseigner selon ses talents, ses moyens. ses technologies