Une réalisation de Jacques Rhéaume Accueil Conseils Installations Auteur
Contenu de l'installation tombeau Exceptionnellement, je donne le contenu d'une installation car il pourra servir le cas échéant alors que je ne serai plus en mesure d'entretenir ce site ni rien d'autre sur la terre des vivants.   Mémoire Mémoire, vous avez trouvé la mémoire. C’était prévisible, toute la tombe n’est que mémoire. Les sens de mémoire sont multiples : La douce mémoire. Faites ceci en mémoire de moi. Écriture de mémoires. Écriture comme mémoire. Mémoire comme faculté qui s’éteint avec la perte du souffle. Mémoire à court terme. Mémoire à long terme. Évènement marquant qui s’enfonce dans la mémoire jusqu’à la mort. Mémoire souvenir qui persiste dans les objets et les signes comme les artefacts et les photos. Et avec la technologie, la métaphore de la mémoire vive et morte s’est imposée. La douce mémoire : terme de condescendance pour désigner ce qui reste d’acceptable de telle personne décédée. L’expression est commune mais cette mémoire s’éteint aussi au gré du temps et de l’intensité de la relation avec la personne décédée. Cette mémoire disparaît à la deuxième génération sauf pour l’aspect généalogique et nominal ou s’il y a lieu que la personne passe à l’histoire. Certaines personnes se croient tellement importantes qu’elles publient leurs mémoires. Celles-ci valent à la hauteur du tirage ou à cause du lien affectif. Je n’ai pas écrit mes mémoires car les lecteurs seraient peu nombreux et je n’ai pas besoin de cet examen terminal en guise de panorama d’une vie plus que satisfaisante. Une bonne partie du concept de mémoire revient à une faculté de la personne vivante sur terre. La perte du souffle signifie la perte de la mémoire à court et long terme. Pour contourner cette évidence, les générations passées ont exploité les reliques tout comme ce tombeau se moque des archéologues qui grattent autour des tombes en guise de recherche de liens interprétatifs entre la personne et les artefacts environnants. Dans mon cas, les artefacts sont audiovisuels mais ils parlent aussi du fait de leur présence un peu hors texte et hors souvenir de leur auteur. À côté des grands récits qui ont marqué notre histoire et notre tradition, le « Faites ceci en mémoire de moi. » est probablement le plus grand signe qui s’est perpétué depuis 2000 ans. Chacun a à apprécier cette sorte de présence mais les plus grands spécialistes du marketing n’auraient pas pu trouver une « marque de commerce », un « branding » plus durable, pour signifier une sorte de présence toujours renouvelée comme le blé et le raisin. La mémoire sur laquelle est inscrite ce mémoire audiovisuel se perdra et deviendra obsolète, même pas mettable dans un musée. Pourtant ces mémoires oubliées resteront  un haut fait de l’aventure humaine même quand la terre aura perdu ses capacités d’entretenir la vie, l’intelligence et l’amour. Le ciel et la terre passeront… quand tous les humains seront passés. La mémoire a le destin de l’homme. Volonté Volonté, vous avez trouvé la volonté. En anglais, volonté est proche de « will », le testament qui est utilisé pour finir de partager les biens matériels et de faire des choix de récipiendaires qui finiront par en rendre jaloux quelques uns, radins qu’ils sont. Rien ne sert d’enterrer un testament, il vaut mieux le déposer chez le notaire, ainsi le veut la norme sociale. Désolé, ce n’est pas un testament que vous avez trouvé.  Ce que vous avez trouvé, ce sont les volontés qui semblent sortir de la tradition qu’on croit encore vive quand un mort nous arrive. Le plus souvent on lit dans le journal : « Selon ses volontés, il ne sera pas exposé, il sera incinéré, il y aura une simple liturgie de la parole au salon funéraire et il sera enterré ultérieurement. Selon ses volontés, compensez l’envoi de fleurs par un don à un organisme qui atténue les souffrances en les étirant.  » Que de volontés discutables. Vous venez de trouver juste l’inverse de tout cela. « Il sera exposé, l’incinération est une option et le gros cercueil est un mauvais choix. Sa mort devrait être l’occasion d’un musée temporaire où les artefacts témoignent d’une vie et font le pont avec l’au-delà, avec les survivants, avec les curieux qui en prendront connaissance. Ne vous contentez pas de carte ou de signet, pensez à des produits dérivés comme chez Disney mais pas dans le but de vous faire dépenser. Il faut prendre le temps de vivre une mort de temps en temps parce qu’en fin de course c’est par là que s’articule le sens de la vie. « Je vous enverrai l’esprit », dit-on. Quand il ne reste que l’esprit, il faut qu’il se manifeste pour ceux qui demeurent des êtres incarnés. L’Esprit, lit-on, c’est une tempête à la création, une douce brise, une lumière la plupart du temps ; l’Esprit c’est des langues de feu et un bruit de tonnerre à la Pentecôte. Comme il m’inspire cet Esprit pour agir en puissance et énoncer des volontés qui s’expriment comme des effets spéciaux audiovisuels, pyrotechniques, pneumatiques, mécaniques, électroniques. Voilà autant de modes d’expression-béquilles qui remplacent par volonté post mortem celui de qui il ne reste matériellement qu’une ossature plastifiée. Mais enfin, la volonté de l’un n’est pas une diminution de liberté chez ceux qui restent. Volonté n’est pas un subterfuge pour signifier la puissance et l’immortalité. Même les artefacts les plus robotisés et humanoïdes ne remplacent jamais le disparu mais servent à bien souligner l’écart de transformation entre la vie terrestre et ce qui vient. gains et pertes Gains et pertes, vous avez trouvé les gains et les pertes. Il faut bien dire que c’est parce qu’on a eu de tout temps des soucis de comptabilité, pour les marchandises, les jours et les voyages que l’écriture et le calcul se sont développés. Et avec l’écriture, le grand « ledger » des profits et des pertes dont la dimension économique est scrutée par le fisc. On ne parle pas de dollars ici. Bien des aventures qui ont marqué une vie se relatent en terme de profits et pertes monétaires mais quand tout est passé, c’est là le moindre des soucis relatifs aux gains et pertes. Dans une perspective dualiste, tous les événements de la vie peuvent être comme des gains et des pertes. Dès sa naissance, le petit est appelé trésor, à juste titre, car il évolue à partir de ce qu’il est et de ce qu’on en fait en terme d’aisance, d’éducation et de connaissance, voire de compétences. Heureux celui qui possède des compétences transversales et n’a pas besoin  de formation courte pour réaliser le moindre exploit. En fait, il convient d’améliorer les talents que l’on a et de les faire fructifier mais il faut aussi explorer des domaines parallèles qui pourraient démontrer que l’on possède des ressources insoupçonnées. Sur l’échelle des gains et des pertes, on est toujours en vibration instable. Le cas de la santé en serait le paradigme. On guérit parfois mais chaque mauvais coup de la vie, provoqué ou subi, modifie notre réservoir de potentialités. Et la fin de la vie terrestre repose sur cet épuisement provoqué ou naturel de ce potentiel. En ce sens, elle est une perte totale. St Paul va plus loin et affirme que la mort lui est un gain. Cette voie est compréhensible mais peut être dangereuse, elle a conduit à des suicides, génocides, homicides. Intéressant le langage, on utilise le terme «euthanasie» d’origine grecque tandis que les autres mots de terminaison vitale (tous en ide) sont plus latins. La nuance peut susciter la réflexion. Les pertes exprimées en terme de lien passent par la métaphore de la graine de semence qui meurt pour que les fruits apparaissent. Finalement, les gains et les pertes s’annulent probablement mais conservent cet état de tension qui permet d’entretenir un certain équilibre. On ne peut que donner ou perdre que ce que l’on a reçu, pauvre créature. bouteille d'obédience Bouteille d’obédiences. Vous avez trouvé Bouteille d’obédiences. J’ai appris que lorsqu’on enterrait les hospitalières, on plaçait dans une bouteille les diverses obédiences qu’elles avaient reçues durant leur vie religieuse. Est-ce la satisfaction du travail accompli qui accompagne les restes de la personne ? Est-ce un appel au jugement dernier ? Peu importe. Cela s’inscrit dans la ligne de l’action qui bien souvent caractérise une personne. On juge quelqu’un à ses actes. On lui demande qu’est-ce qu’il fait et quand il est à la retraite, on lui demande ce qu’il faisait, rarement ce qu’il fait actuellement. Or tant que la mort n’a pas frappé, on remplit un peu cette bouteille parfois très librement, parfois selon les circonstances et hélas aussi parfois par contrainte. L’activité libre passe par des chemins et il faut s’assurer de rester sur une route. Il y a des chemins moins fréquentables, à éviter pour toutes sortes de raisons, d’autres routes plus retirées et reposantes, des « Route Laliberté ». La bouteille risque de demeurer intacte bien plus longtemps que les restes de la personne biodégradable, du moins dans la dimension matérielle. Une bouteille est encore plus stable qu’une pierre tombale et on y place plus d’information aussi. Il faut dire que la diffusion est plus restreinte mais qui dit qu’un jour cette bouteille ne fera pas l’objet de découverte tout comme on en a fait avec les manuscrits de la mer morte. A une époque où on dit vouloir se débarrasser du mort à bon marché dans les nouvelles coopératives où on offre un spécial sans tombe à 50% du prix ordinaire ; le débarras est rapide, sans funérailles ou juste une liturgie qui dérange le moins possible, le débarras est total avec une incinération. C’est beau le « tu retourneras en poussière » mais l’accélération du processus signifie que la disparition cache une certaine honte d’avoir existé. C’est beau le « je ne suis rien » des jansénistes mais si la personne humaine doit ultimement retourner à l’environnement, elle a aussi droit à son histoire, sa lignée, du moins tant que le monde est monde. Quant à ma propre bouteille, elle est bien vite remplie avec 33 ans comme professeur à la même université, il n’y a pas de quoi remplir un jéroboam de formations courtes et de jobines qui dans mon cas n’ont toujours servi qu’à diversifier les activités. sinistres Sinistres. Vous avez trouvé Sinistres. Comme le mot le dit, c’est tout ce qui est de gauche au sens réel comme métaphorique. Si sinistre signifie incendie ou autre catastrophe, j’en ai vécu 2 au même endroit en 1945 et en 2002. Le dernier fut total avec la disparition de la maison, la contamination du terrain par l’huile et la vente à plusieurs essais. Pour une fois, on a fait affaire avec un avocat. Pour les souvenirs et la mémoire, un sinistre est une manière de tout reprendre à zéro ou de mémoire précisément. Sinistre signifiant la gauche, cela me ressemble car je suis gaucher avec des outils mais gauche aussi car le talent d’exécution n’équivaut pas nécessairement au talent de création. La gauche je connais encore cela d’une autre manière car comme j’ai la jambe gauche paralysée depuis l’âge de 13 ans, je ne puis marcher bien vite et si j’accélère, je tourne à gauche. Vous savez comment tourne un bulldozer, si on immobilise la chenille gauche et que la droite tourne, le véhicule tourne à gauche. Globalement cependant, j’ai tiré profit de tous les petits sinistres et j’en ai profité pour accomplir de bonnes choses. La vie n’est pas comme la physique mathématique que l’on apprend au collège où les équations sont vraies s’il n’y a pas de frottement, pas d’air, pas d’obstacles, pas de scories, pas de gravité, bref, les mesures physiques sont approximativement vraies ou fausses.  Il faut toujours veiller à se garder un espace de manœuvre et ne pas viser à des principes tellement casés que tout peut se casser, c’est le cas notamment en politique où ceux qui prônent la loi et l’ordre souhaiteraient vivre dans un milieu aseptisé mais hélas quand les lois abondent, le péché surabonde. Chacun peut donc avoir de temps en temps des tournures gauches qui demandent un certain redressement mais la marche en avant suit toujours la métaphore livrée par les animaux et les humains, gauche, droit. Paradoxalement, le terme le dit, avancer tout droit implique autant de pas de la gauche que de la droite. Essayez, même les roues supposent une harmonie entre la gauche et la droite. Faire une crevaison, c’est ne pas accepter de se regonfler mais il faut avouer qu’il y a bien des cas de sinistre total. Heureusement je suis de ceux qui ont surmonté tous les sinistres mais le dernier de la vie demeure une question non répondue par nos seules ressources. Mais au moins, la question peut venir à l’esprit. amour Amour. Vous avez trouvé Amour. Il ne serait pas convenable qu’un cadavre fasse des déclarations d’amour qui ne sont pas déjà connues. Cependant alors que dire « je t’aime » constitue un énoncé toujours à répéter et à réitérer entre vivants, il devient un énoncé plus ou moins permanent lorsqu’il accompagne le défunt. « Je te l’ai déjà dit que je t’aimais. » L’amour humain se décline en tous sens dans la généalogie même si ce sont seulement les survivants qui risquent d’entrer en contact avec ces énoncés. Et on peut ajouter, «Aimez-vous les uns les autres » malgré les frictions inévitables au long d’une vie. Cette déclaration d’amour passe par les proches pour utiliser une expression qui évite de mentionner conjointe, filles, frère, petits fils et le reste. Et pour qualifier ce reste, on pourrait ajouter ceux qui ont célébré le 65è de l’auteur, et dans une certaine mesure ceux avec qui il a travaillé d’une manière ou l’autre. Tout ce beau monde que je chéris serait bien gêné de se voir nommé et enterré, ce serait les entraîner là où ils ne veulent pas aller tout de suite. Il faut favoriser le lien de famille et éviter le phénomène de secte. La vie continue et l’amour ne signifie pas que tout le monde doit disparaître en même temps comme le prétendent  certains pactes de fin de vie en commun et même certaines attentes eschatologiques. Une mort est une perte que l’on déplore en autant qu’il reste des gens pour aimer encore, sinon à quoi sert de vivre. Au fait, à quoi servirait cet exercice s’il n’y a absolument personne qui m’est cher pour en prendre connaissance ? L’immolation n’a pas de sens même pour le malheur de ses ennemis. On peut même se demander si mourir pour un autre a un sens. Disons qu’on peut aimer jusqu’à en mourir sans le provoquer. Avec la vie elle-même qui provient de manière particulière de la terre (ou d'une autre planète qui en aurait les propriétés), l’amour comprend une dimension spirituelle indéniable qui laisse les plus grands espoirs d’une vie prolongée, avancée. Faut-il aller jusqu’à croire comme le font certains que la résurrection des corps se fera en famille pour l’éternité ? Je ne sais pas, ce n’est pas dans notre tradition mais ce qui est certain c’est que tant qu’il y a sur terre un descendant, un certain amour est essentiel. Je t’aime bien et je m’adresse à chacun selon le lien et la forme d’amour qui est acceptable. Il n’est pas surprenant que l’amour divin soit à la fois l’archétype ou l’image de cet amour. Mais pour que tout cela soit vrai, il faut d’abord la justice et la paix. reste Reste. Vous avez trouvé le reste. Cet artefact sonore est composé évidemment pendant le mois de novembre, le mois des morts, juste au moment de la fête d’action de grâces américaine. Or dans la bande dessinée du jour, Lucien Têtebêche arrive à la maison avec deux dindes et il s’explique en disant que la deuxième est pour les restes. On le dit gourmand. En un sens il a raison. Ce qui reste est aussi important que le principal car ce qui est secondaire, éphémère est déjà disparu. Évidemment, pour certains le reste prend une dimension économique, ils le confondent avec héritage. On peut bien parler d’héritage en lui donnant le sens de ce qui a une certaine consistance au plan de la démarche, de la compétence et des performances. Pour d’autres, le reste se confond avec débris. Après une construction, il y a des restes anciens et des découpures de matériaux. On peut bien penser au recyclage, il reste que l’objectif premier se place dans la réalisation principale. C’est vrai pour une construction, pour un repas, pour un diplôme, pour une carrière. On ne peut éviter les petits restes que la génération actuelle voudrait qu’on recycle à cent pour cent. Ne nous inquiétons pas, la terre se réchauffera, se refroidira, elle tournera plus ou moins vite et finira par finir : toute la science actuelle, toutes les Écritures le disent. Pauvre planète, pauvres descendants. Dans le mot reste, il y a du « temps » mais quand les planètes ralentiront avec le temps, il ne restera que le reste. Il faut donc que ceux qui restent et résistent à une mort aient le sens des proportions : retenir tout ce qui reste pour progresser tout en sachant qu’après un nombre indéterminé de générations, même les restes ne conserveront qu’un sens spirituel. Au fait, l’Apocalypse nous le révèle, tout concourt vers une fin à la fois comme objectif et comme terme. Comme objectif, il faut profiter des restes des ancêtres, comme fin, je ne saurais dire. C’est un terme à méditer avec celui de l’amour. Faut-il rester ou partir? hors temps Hors temps. Vous avez trouvé hors temps. Le temps est le thème de toute cette installation. Or comment se situer hors temps ? Je ne sais pas. Du moins autant je ne le sais pas qu’Augustin dit qu’il sait ce qu’est le temps. Dans les jeux, on dit « time out » hors jeu et on arrête le chrono tout en sachant que nous continuons à vieillir. Ce n’est donc que comme un jeu qu’on peut s’exprimer sur le hors temps. Pour utiliser des termes connus, il faudrait parler à la fois de la préparation d’une action ou d’une construction et de l’évaluation post factum de cette action ou construction pour exprimer quoi que ce soit sur le hors temps. Le temps est comme un jeu qui nous est compté. Le jeu de la vie, on peut technologiquement l’imaginer en « accéléré » pour le voir s’épanouir en bien comme en mal. On peut aussi le ralentir par la même technologie pour en saisir toutes les articulations. Vivre, c’est vieillir et vivre en milieu cryogène serait arrêter le temps. Dans cet état, chacun craint d’être dépassé, démodé en revenant à la chaleur de la vie. Notre notion du temps est très liée à la terre. On a beau avoir des horloges, il reste impossible d’oublier les jours et les nuits sans compter les saisons. Le hors temps prend une forme d’éternité où rien ne passe où tout ne reste que par le présent. La vie est donc comme un jeu et chacun a une partie différente à jouer dans une équipe que l’on aime, du moins l’espère-t- on. Pas surprenant alors qu’on parle de la mort comme d’un jugement, disons évaluation où chacun gagne  plus ou moins selon l’accomplissement de ses « passes ». On peut jouer avec le mot « passe » et quand tout est rendu « passé », on passe nécessairement à l’éternité. Entre temps, pas nécessaire de s’adonner à un jeu extrême, juste un jeu intelligent, aimant, respectueux en autant que le respect nous est rendu. Quand notre partie est terminée, en tout honneur et toute gloire, on quitte malgré tout avec une certaine satisfaction de l’œuvre accomplie. On peut alors dire : « je passe. »

Un professeur veut toujours continuer à enseigner selon ses talents, ses moyens. ses technologies